31.12.2008

La musique creuse le ciel

Et pour finir l'année en beauté...
podcast

La Danse profane (pour harpe et orchestre à cordes) de Debussy
(The Cleveland Orchestra : Direction Pierre Boulez)
(Soliste première harpe : Alice Chalifoux)

Oeuvre composée en 1904 à la demande de la maison Pleyel (oui, oui les beaux pianos).

Cette oeuvre (ainsi que la Danse sacrée du même compositeur) devait contribuer à populariser la nouvelle harpe chromatique.
Cette fameuse harpe fut un bel échec et passa inaperçue.
En revanche, les Danses de Debussy restent encore aujourd'hui parmi les plus célèbres du répertoire de la harpe.

La musique creuse le ciel... (Baudelaire)
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26.12.2008

Beau et bon à la fois

En cette période festive de consommation frénétique, il est de bon ton de se souvenir que les sapins décorés n'ont pas le monopole des boules...
Effectivement, les fêtes de fin d'année sont couramment illuminées d'une sournoise lumière perverse qui met en exergue, à coups de guirlandes clignotantes, de chants mièvres, de vitrines clinquantes et d'overdose de bouffe, toute la misère...
Exemple d'une belle vision de Noël :
Une immense vitrine dégoulinante de jouets, de nounours, automates et la fameuse poupée qui ferme les yeux, pleure, chante, dort et dîne, contrairement au pauvre homme -écroulé devant ladite vitrine- qui lui se contentera de fermer les yeux en espérant que nous ouvrions un jour les nôtres...

Le réveillon rappelent à certains d'entre-nous que non seulement ils sont seuls, pauvres, attristés par des êtres manquants, accablés par la dureté de la vie, malades (parfois tout cela à la fois) et en plus, ils vont devoir se prendre en pleine poire que juste en face : tout est merveilleux dans le meilleur des mondes puisqu'on vous le dit, puisque c'est NOEL !
Pendant que d'autres se remplissent grassement le bedon, entourés des leurs, dans l'opulence, la joie et l'allégresse, dans des assiettes brillantes et dans l'indifférence générale.

Non point que je veuille éveiller chez vous une quelconque culpabilité (quoique), mais juste peut-être recadrer et relativiser les choses et puis surtout souligner une belle initiative.

L'initiative de cette artiste allemande : Miriam Kilali
A la fin du mois de novembre, j'avais déjà été touchée par un article la concernant dans Courrier International.
En parcourant mon Libé de Noël, je vis avec joie que deux pleines pages traitaient à nouveau de ce sujet.
Si je vous dis Reichtum 2, les p'tits malins vont me dire "à tes souhaits", les bilingues traduiront illico Richesse 2, les plus philosophes comprendront qu'il s'agit là de richesse intérieure et enfin les plus informés d'entre vous sauront de quoi je parle.

Je développe ? Ok, je développe.

Reichtum 1 (à tes souhaits)
Il y a quatre ans à Moscou, Miriam Kilali a le projet un peu dingue de faire d'un minable foyer pour sans-abris un splendide palais. Les 80 sans-abris résidents et concernés ont mis la main à l'enduit. Pour certains d'entre-eux, tellement boostés par leurs activités de reconstruction, qu'ils trouveront un emploi dans la foulée. Reconstruction, c'est rien d'le dire...

Reichtum 2 (à tes amours)
C'est dans la proche banlieue de Berlin cette fois que Miriam Kilali reprend sa belle idée et transforme un vieux foyer délabré pour sans-abris en un bel endroit.
Un an et demi pour mettre son idée à exécution et l'achever.
Des aides financières émanant par exemple de quelques associations caritatives, 100 000 euros de dons, le mobilier et la décoration offerts par un fabriquant suédois de meubles aux noms barbares. Tout comme à Moscou, le foyer de Schöneweide a été en partie restauré par les sans-abris eux-mêmes. Malgré des règles très strictes, le foyer amène du bonheur à la vingtaine de locataires enfin considérés et du coup remotivés, restructurés et mieux armés pour se sociabiliser.

Miriam, sans vouloir vous commander...
si vous passez par ici, à Nanterre y a du boulot...
On se sort aussi de la misère par le beau, la preuve.
Chapeau Mademoiselle.
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23.12.2008

Two Lovers

Bouleversant.
Ce mot fort suffirait presque à résumer l'impact de ce film sur ma "petite" personne.
Film bouleversant par la complexité de ses personnages :
-Lui
Joachin Phoenix dans la peau d'une sorte de Tanguy sombre aux troubles bipolaires et suicidaires.
Dès la première scène, on perçoit que livrer de jolis costumes sortis tout droit du pressing paternel ne le fait pas bander outre mesure. Pas plus d'ailleurs que l'optique d'y passer le restant de ses jours avec, au paroxysme de la réussite : reprendre le commerce de papa.
Puis une mère surprotectrice et intrusive incarnée par une Isabella Rossellini très convaincante qui, par moments, penche inexorablement vers une attitude très "Lynch", on se souvient de Blue Velvet. Cette mère envahissante décide que son protégé épousera la fille d'un couple d'amis fortunés, bref un beau mariage arrangé. Comme ça, sur le papier l'écran, c'est moyennement enthousiasmant, mais quand on sait que la fille en question est Vinessa Shaw, tout de suite ça devient plus attrayant.
-La promise
Vinessa Shaw, grande fille jolie, simple, convenable, aimante et gentille, lisse juste un peu trop...
Manquent à l'appel quelques failles et quelques défauts pour frôler une certaine idée de la perfection... Un peu ennuyeux le presque-parfait, d'autant que c'était sans compter sur...
-La voisine
Gwyneth Paltrow, la voisine de Joachin Phoenix (ça sonne bien, je voudrais bien faire ça moi : voisine de Joachin...).
La grande fille, jolie, pas simple du tout, pas convenable non plus. Abîmée par la vie, instable, déprimée voire même un peu ravagée du bocal. Aimante oui, bien trop...
-La blonde/la brune
Le réalisateur James Gray joue sur la dualité, comme dans son précédent film La nuit nous appartient où il s'agissait d'une relation tumultueuse entre deux frères, toujours avec Joaquin Phoenix (merci James). Dans Two Lovers, le choix déchirant entre ces deux femmes et donc entre deux destins, pourrait sembler un peu léger et déjà vu comme scénario, mais finalement non.
Mention particulière à Joaquin (non pas lui) Baca-Asay : le directeur photo dont les images et les plans sont d'une beauté époustouflante.
-L'anecdote
Une anedocte qui donne une perspective un peu différente au film ; James Gray a concocté Two Lovers pour Gwyneth Paltrow.
En effet, en le félicitant pour son talent, elle lui précisa que, malheureusement, il faisait des films un peu trop violents pour elle (pourtant Seven...). James Gray lui a donc cisaillé un personnage sur mesure, sans compromis et avec sans doute autant de violence que dans ses films précédents mais de façon plus subtile. De cette violence qui ne se voit pas...De celle qui se décèle peu à peu, de celle qui sommeille en presque chacun de nous... Un film violenté donc.
Allez, pour finir, en vrac quelques citations :
-Ne pas choisir, c'est encore choisir (Sartre)
-Choisir, c'est se priver du reste (Gide)
-Nous ne savons renoncer à rien, nous ne savons qu'échanger une chose contre une autre (Freud)
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22.12.2008

Les gens du parc

Je vais souvent au parc Montsouris.
(en anglais : the My Mouse Park).
Au début, j'avoue que c'était par facilité ; seul grand espace vert du quartier et rare endroit calme dans les environs. C'était donc "pratique".
Puis, je me mis à le trouver charmant avec ses perspectives de paysages, ses surprenants dénivelés, son square en perpétuelle rénovation, son étang presque ovale, ses escaliers casse-gueules biscornus, sa luminosité particulière et le lieu idéal de mes futures activités.
A savoir ; m'allonger dans ses herbes et compter les nuages, photographier ses recoins, lire ou pas, écrire ou pas, m'assoupir parfois ou bien encore m'assoir sur un de ses bancs verts, savourer des crêpes beurre-citron juste à côté des enfants balancés, regarder passer les flâneurs avec ou sans fidèle silencieux compagnon canin.
Comme souvent, les moments paisibles trouvaient leurs apogées avant la sortie des écoles, avant seize heures.
Passée cette heure fatidique, les promeneurs accéléraient leurs pas et changeaient de visages. Certains hommes soutenus par des poussettes d'enfants, avaient parfois le regard plus sombre et plus bas que les autres. Quelquefois même, sur leurs figures sans âge des traces de lassitude creusaient des sillons d'une vie subie.
Tenez là, ce couple devant la poussette ; l'homme le regard baissé, le geste lent et l'esprit visiblement ailleurs, jetant furtivement un oeil distrait sur sa femme. Sa femme..., celle pour qui jadis, il aurait traversé toute la ville sous la flotte pour lui voler un baiser...
A présent, son amante enfièvrée et joueuse d'antan était dans l'agitation, dans l'action, dans l'agir, le faire, le comme-il-faut, le ramène-du-pain-merci, le non-pas-de-robe-pas-pratique, le tu-comprends-les-enfants-sont-à-côté-donc...
((Je me dois de préciser qu'il y a (heureusement) de merveilleux contre-exemples))
La plupart du temps, j'évitai le regard de ces hommes dépités.
Soit la version triste, leur impuissance dans le changement, leur manque de courage étaient quasiment palpables. Il tentaient parfois d'accrocher mon regard comme on s'accroche à une forme de liberté perdue...
Soit la version haineuse, envieuse, la pire. Hommes et femmes cette fois, projetant de concert leurs regards violents et frustrés, venimeux sur mon luxe du moment : le temps.
Enfermés dans une prison dorée fabriquée par eux-mêmes, jour après jour, année après année, dont les barreaux prennent la forme de prêts étalés sur quelques décennies.

Vision bien étrange et naïve que de croire investir sur l'amour...
Quelle drôle d'idée.
Etranges ressentis...
Là c'était moi qui détournais les yeux.

Je reviendrai demain ou plus tard.
Seule ou pas.
Avec un sourire ou pas.
Avant seize heures ou pas.
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13.12.2008

Initials S.G.

Gainsbourg 2008
Cité de la Musique
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Mon maître après Dieu.
(et je suis athée, c'est dire...)
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No Comment 
(La fautive...C'est moi)
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Glass Securit
(Relax baby be cool)
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La nostalgie camarade...
(Mur de 45 tours)
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Ford Mustang
(Manuscrit)
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Douze belles dans la peau
(sans cible. Quoi queue...)
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Ecce Homo
(Mon cargo culte)
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Ah Melody...
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Au cinquante six, sept, huit
Peu importe
De la rue X
Si vous frappez à la porte...
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