31.03.2009
Gonzague, Anaïs et les autres
Se réjouir. Après la piscine, elle entame une marche à pied jusqu'à son jardin préféré, juste derrière le pont qu'elle adore traverser. Se réjouir. Le soleil lui montre le chemin. Au milieu du pont, adroite elle jette un oeil à gauche et admire quatre livres en équilibre. Se réjouir. L'odeur du chlore lui arrache un sourire fier de l'effort accompli. Elle ne compte ni les brasses, ni les mètres, parfois les maîtres nageurs et encore. Se réjouir. Reste plus qu'un escalier à descendre pour accéder au joli jardin. Ecrin témoin de siestes passées et à venir. Ecrin témoin de baisers échangés passés et à venir. Se réjouir. Elle croise un couple et leur petit roux en pleine crise de mots. Sous le pont très beau, cool, la Seine de ménage. Engueulade de bas étage et haute pollution sonore. Elle cherche un endroit plus loin, calme et protecteur. Ici. Elle s'allonge de toute sa robe longue et noire dans l'herbe courte et verte. Retire ses sandales de ses orteils agiles. Ferme les yeux et ouvre sa mémoire. Se réjouir. Elle songe à son premier amour, Gonzague. De leurs utopies illusoires et de leurs naïves promesses. Elle distingue au loin, le petit roux ponctuant de gros sanglots la logorrhée de ses parents idiots. La journée prépare sa sortie et le vent du soir fait son entrée. Le jardin est presque déserté. Premières notes de l'air sous son casque Sennheiser. Soudain, une silhouette masculine lui fait de l'ombre. Laisse tomber ! Il s'exécute et laisse tomber... Laisse tomber une poignée de brins d'herbe sur ses yeux clos. Se réjouir. Anaïs le murmure : le premier amour, c'est n'importe quoi...

13:05 Publié dans Et les autres | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, musique, poésie, écriture, paris, anaïs, premier amour
27.03.2009
Vos gueules les moines !
Après les propos débiles de Benoît XVI concernant le préservatif "facteur aggravant du sida", c'est maintenant au tour de son sous-fifre l'évèque d'Orléans, à l'évidence un spécialiste (...), de nous en remettre une couche.
Il nous fait péter sa méconnaissance scientifique, ose la ramener pour nous expliquer que le virus du sida passe à travers le préservatif et que ce dernier n'offre donc pas une réelle et complète protection...
Le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS), donc pas le dernier des nazes en la matière il me semble... (et avec lui un paquet de scientifiques), choqué par les propos de ce crétin, nous informe que c'est tout simplement faux et archi-faux.
VOS GUEULES LES MOINES !

21:00 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, préservatifs, orléans, sida, protection, société
Mélimélodique
Egarée une rythmique éperdue dans les rimes antiques
Oublier par ici l'amnésie lourde des mots graphiques
Ignorer si religieusement tous les états bibliques
Ne s'en remettre qu'à son esprit saint pratique
Ne s'entourer que de deux sympathiques
Croiser de la pluie cinématographique
Déclarer ouverte la serrer Monique
Au détour de ton regard oblique
Détourer ta bouche idyllique
Et s'évaporer cosmique
Douce est pacifique
Sans une logique
Au pas de pique
Oh bucolique
Et ludique
Unique
Tonic
Hic

17:45 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, musique, m, ludique, poésie, paris, écriture
24.03.2009
Marcus, Simon et les autres
En sortant du grand bain bleu dans son maillot noir, après quelques brasses, elle embrasse l'espoir de se déchlorurer. En tentant de recoiffer l'échevelée -façon de parler- elle se dirige vers la douche d'eau douce et se fait coiffer au poteau par deux malins gamins. Attendons. Entendu au loin, le son d'un vieux transistor qui réfléchit contre la boule de la Villette et rebondit dans son esprit. Marcus Miller, le bassiste, la Villette, slap dong dong slap slap tapping. Assise sur une chaise en plastique bancale près des douches, les yeux se ferment et les souvenirs se couchent...
C'était en hiver. Le regard louche de ce bassiste et sa bouche. Discrète ligne de basse, précise ligne de touches. Le pluriel pour un singulier, en particulier. Ma fille, qui tu veux mais jamais jamais jamais un musicien. Comme il est bon de ne pas toujours écouter son papa, plaisante t-elle silencieuse. Arrosée par la flotte, sa peau grelotte. Les enfants s'éclaboussent, se poussent et s'éloignent enfin de la douche. La musique stoppe nette. Puis reprend autrement. Doucement...
Elle se lève lentement de sa plastique bancale sinon la chaise... Simon l'achève.
Comme une Cure de jouvence in your house...

12:25 Publié dans Et les autres | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, musique, paris, marcus miller, basse, bassiste, simon gallup, cure
Camille, Kurt et les autres
08:55 Publié dans Et les autres | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, musique, camille, nirvana, paris, printemps
23.03.2009
Jacques, Brian et les autres
« Le printemps approche et il n'arrive pas tout seul. Avec lui, des centaines de filles aux longues jambes, aux hanches chaloupées et aux regards effrontés (mes préférées) vont arpenter la ville... » songe t-il avec délice. En fait au fond de lui, juste derrière la frime, ce qu'il désire vraiment c'est d'en séduire une. Non, non pas cinquante, juste une. Le défi est bien plus excitant et la finalité plus brillante. Armé de ses vieilles Stan Smith, il dévale quatre à quatre les escaliers de la butte et croise son reflet dans une vitrine. Pas mal, se dit-il. Imparfait mec, ni trop ni trop peu, nickel. Jacques martèle cinquante millions de gens un parfait, et moi et moi et moi. Chez le marchand de journaux, il pose un regard sur le Monde. Immonde. Le port du préservatif aggrave le Sida. A graver dans les annales de la bible du guide de la bourde théologique du siècle. Vatican aveuglé par ses dorures. Soudain, il croise le sourire d'une fille en robe bleu ciel et n'a Dieu que pour elle, aveuglé. Il cherche un sens à tout ça. Indécence, au moins... et une clope dans sa besace kaki. Allumage. Zippo essence tempête. Tempête sous un crane. Misérable Benoît. Pauvre placebo, Brian lui propose de se souvenir des moments divins et murmure : protège moi de mes désirs, protège moi, protège moi...

La fille bleu ciel s'éloigne dans un nuage de fumée. Dans un soupir, il lève les yeux au ciel. Prière. Il n'a pas eu le temps de l'aborder, ni de découvrir sa voix, ni même l'imaginer allongée... Accroupi, à ses lacets il refait un nœud -synchronisation- un autre se noue dans sa gorge...
Il savait qu'en amour il fallait laisser du mou et pourtant parfois... C'était raide.
12:00 Publié dans Et les autres | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, musique, paris, placebo, dutronc, pape, ciel, sida, préservatif
22.03.2009
Brian, Matthew et les autres
Pause et pas chassé improvisé, elle attend le bus. A l'arrêt, elle opte pour la marche. La marche sans arrêt. Brian était d'accord. Don't stop. Don't stop the Dance. Accessoirement, elle met ses lunettes noires à revoir. A revoir la branche espiègle de ses lunettes qui se fait la malle et révèle des valises sous ses yeux fragiles. Cette fois-ci le soleil tape en mesure, au fur et à mesure qu'elle avance. Soudain, une pensée du passé progressivement se dessine et lui esquisse un sourire tendre. Les doigts agiles et surdoués de Matthew s'aMUSEnt sur les touches blanches et noires comme le passage piéton qu'elle traverse...

Elle arrive sur l'allée. Allée et venue sur son engin KAWAI GE30 blanc. Introduction. Sunburn. Le Bellamy, de sa voix sensuellement écorchée entame She burns like the sun. Il ne peut détourner son regard sans aller dans le décor. Souvenirs des corps. Elle finit par se dire que l'amour ne devrait jamais être autrement. Jamais moins intense que ce morceau. En croisant deux ados novices enlacés par la bouche, prêts à consommer (pas sur la rue mais sur place), elle sourit. Naïve pensée illusoire, elle savait bien que ce n'était pas... Pas à pas, la démarche aérienne et un brin perdue dans ses songes de grand brun, elle plonge dans le grand bain de sa mémoire.
Elle remonte le temps années après... apnée.
13:15 Publié dans Et les autres | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, musique, muse, brian ferry, air, paris, grand bain
21.03.2009
Alain, Arthur et les autres
Quelques jours auparavant, elle avait vu et désiré ce vieux banc dans le parc. Voilà. Elle y était posée maintenant, derrière ses lunettes de sommeil si pratiques pour cacher les nuits trop courtes, juste là devant le marchand de glaces fumées.
Le soleil timide du matin faisait de son mieux pour sécher sa joue encore humide.
Sur la pureté de ses cordes habilement pincées, Alain vogue, vague et perpétuel, embrasse les rêves d'archi-pelles et souffle au ciel. On est loin des amours de loin, Madame rêve... Son petit moleskine entrouvert entre ses grandes mains fermées. Que devait-elle écrire. Arthur tente de la distraire en pianotant avec les maux. Intouchable mais touchée. Inavouable mais avouez... Le regard intrusif d'un passant instinctif amplifie encore la pudeur de l'instant. Elle referme son carnet noir à élastique qui retrouve sa place dans la petite poche de son sac en bandoulière.
En bandoulière, comme le temps suspendu par le vent frisquet dans ce froid de canard. Le printemps avait du retard...

12:00 Publié dans Et les autres | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, printemps, alain bashung, arthur h, musique, moleskine, vogue, vague, paris
20.03.2009
Y a d'la joie
Cache ta joie
Parfois, je cache ma joie de peur de la perdre...
Fausse joie
Il est vrai que souvent une fausse joie peut en cacher une autre...
Fille de joie
Putain, quelle délicate expression légère comme la vertu et fuselée comme la cuisse de la dite donzelle.
Sauter de joie
(cf fille de joie)
Feu de joie
Tout commence par une petite flamme dans les yeux, ensuite des braises réchauffent les sens puis un embrasement qui enflamme et brûle les corps et qui plus tard parfois... fait suer.
Fou de joie
Ce qui est dément c'est qu'en sortant de l'hôpital psychiatrique dérangé, il était fou de joie ! Un truc de malade...
Mots de joie...

12:20 Publié dans Vocabulaire | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, définitions, joie, fou, musique, vocabulaire, jane birkin
19.03.2009
Marche ou grève
14:12 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, grève, manifestation, paris, photo, rêve générale



