27.08.2009

Aux pieds levés

Avoir les pieds sur terre
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Attendre de pied ferme
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26.08.2009

Zapping

Zapping Franco//...
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 ... //Arte.
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25.08.2009

Parc Montsourire

Quelques sourires volés dans le silence...
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Quand les feuilles de Montsouris balancent et que le souvenir se fait offense...

16.08.2009

Quand c'est pâleur...

C'est dans une petite salle de cinéma intimiste de la capitale, où le matin peu de gens vont, que se déroule l'action. Des petits couloirs et un escalier biscornu mène à une salle usée et légèrement éclairée. A peine une dizaine de sièges sont occupés, cela me rassure. Moi et mes dix minutes de retard reprenons notre souffle. Devant moi, un écran de velours rouge foncé se balance. L'horizon est dégagé comme ma nuque. Point de publicité ni même de cornets glacés, quelques vieux peu bavards et cerise sur le gâteux : aucun pop-corn n'a osé nous infliger sa bruyante présence. Les sièges abîmés laissent imaginer que jadis, ils frimaient brillants et ornés de beaux ourlets. Que des bouches silencieuses, très souvent les plus belles, bien ourlées. Bref, déjà un vrai petit miracle...
Picnic at Hanging Rock.
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Réalisé en 1975, ce film contemplatif, dont l'extraordinaire image a été -à juste titre- maintes fois récompensée, est donc de ce post, le sujet.
L'histoire est simple et intrigante. 1900, en Australie dans un pensionnat, un groupe de jeunes filles belles et pâles s'apprête à faire un pique-nique à Hanging Rock. Mais quelques unes, plus curieuses que les autres, s'aventurent inconscientes un peu plus loin que permis dans cet endroit rocailleux, désert et mystérieux où toutes les montres s'arrêtent à midi.
Quand c'est pâleur...
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Quatre jeunes filles vont disparaître mystérieusement entre les rochers.
Des couleurs, du pastel raffiné. Du blanc, des jupons. De l'ocre, des cheveux longs. Du vert discret, de la lenteur et ce vent chaud chargé d'odeurs poudrées, d'herbes folles et de curiosités. De la beauté pure.
D'emblée, le réalisateur nous plonge dans les jeux de cartes jaunis, les jardins paisibles et endormis, le bruissement discret des non-dits et les amitiés ambiguës du pensionnat suintant de désirs sans jamais le dire...
Peter Weir réalisera plus tard le cercle des poètes disparus (beaucoup beaucoup moins bien) et Sofia Coppola s'inspirera de ce pique-nique pour son Virgin Suicides, d'où une subite envie d'Air.
Respirez, je souffle...
podcast

11.08.2009

Saint-Lazare

Il n'y a jamais de hasard gare Saint-Lazare...
Cloué dans son lit en fer forgé, Gaspard soupire devant sa fenêtre. Le temps grisâtre laisse présager un sale été. Un fond de musique classique virevolte dans la pièce immense. La fièvre s'est emparée de lui, traîtresse, en plein mois de juillet. Les réjouissances âpres et médicamenteuses vont enfin s'achever. Julie avait été très présente, quelquefois un peu trop. Elle ne venait jamais dans la journée. En revanche, elle apparaissait presque toutes les nuits à 1h20 du matin. Très précise, elle venait partager avec lui son sommeil et bien plus en corps. Elle n'aimait que le noir, l'obscurité. Julie et sa fougue ; il faudra qu'il s'en occupe un jour. Gaspard gratte son oeil qui pique épuisé d'antibiotiques et de l'autre examine le second barreau du lit, en partant de la gauche : il rouille. Il faudra qu'il s'en occupe un jour. Juste un seul barreau est rouillé. Il sourit intérieurement en se souvenant de la cause de cette érosion localisée. En fait, l'histoire singulière est un peu grivoise ; lors d'une nuit particulièrement bien... Qui peut avoir le mauvais goût de s'éterniser sur sa sonnette à cette heure-ci ? Julie ? Non, ce n'est pas son genre et en plus il fait encore jour. A moins que... Non. Il s'approche intrigué de la porte d'entrée rouge usée, lorgne puis ouvre. Une petite enveloppe verte trône sur le paillasson. Avec précaution, il entame l'ouverture.
Verdi aussi.
Gaspard, rendez-vous gare Saint-Lazare 23h, voie 16 côté départ
Tout d'abord amusé, il songe que son deuxième prénom Ernest aurait pu le mener gare de l'Est. Il file se recoucher et s'interroge. Gaspard sait pertinemment que sa curiosité ne va pas résister longtemps : il ira. Pourtant, il se sent encore un peu faible mais son goût du jeu prend le dessus et le dessus de lit glisse à terre. Il se hisse hors du plumard, l'oeil hagard Saint-Lazare bien entendu. Il faut voir le bon côté des choses se dit-il pragmatique, demeurant rue Boursault près des Batignolles même sans bagnole, c'est à deux pas de la gare. Sur son poignet massif, sa vieille Casio F-91W digitale affiche 22h24. Cela ne lui laisse pas beaucoup de temps pour gamberger, parfait. Il adore arpenter la rue de Rome sinueuse et si frileuse. En marchant, Gaspard laisse derrière lui quelques effluves d'Habit Rouge. Il s'est parfumé vite fait, on ne sait jamais si l'énigme est bien faite... A présent, l'imposante gare se dresse fièrement devant lui et l'attire de ses bras tentaculaires. Gare Saint-Lazare. Voie 16. Un regard furtif sur sa Casio, vérification 22h57. Soudain, un homme immense et maigre à l'allure improbable longe le couloir deserté et se dirige vers lui d'un pas rapide et décidé. Il s'arrête net à quelques centimètres de Gaspard et lui tend nerveusement un papier vert. D'une voix métallique, il lui dit "Trop de monde ce soir dans les couloirs de la gare Saint-Lazare, Gaspard...". Puis, il disparaît dans un rire aux éclats de noisettes caramélisées enrobé de mystère vanillé. La faim le tenaille et son ventre grogne. Les rimes le font moins marrer du coup. Il décide d'attendre encore un peu voir si autre chose se passe. Rien. Agacé, finalement il rentre chez lui. Une fois devant sa porte, une drôle d'impression enveloppe tout son être convalescent d'une angoisse naissante. Il pousse lentement la porte, tout est noir. L'obscurité fausse le volume de la pièce, il est perdu et tâtonne un long moment avant d'atteindre son lit. Soudain, il distingue une silhouette qui s'avance et la vision rassurante de Julie éclaire peu à peu la pièce. Il se réveille dans un sursaut. Drôle de rêve, pense t-il encore étourdi de son imaginaire absurde.
Julie, le regard bienveillant, s'approche près du lit en fer forgé, se pose sur le rebord et frôle du bout des doigts le seul barreau rouillé...
Elle s'excuse et lui glisse dans un murmure "il est 1h33, navrée je suis en retard mais tu sais..." Brusquement, elle s'arrête, détourne le regard puis reprend d'une voix métallique...
"...Trop de monde ce soir dans les couloirs de la gare Saint-Lazare, Gaspard..."
Soudain, dans un souffle puissant Gaspard se retrouve plaqué au mur de la chambre. Sa montre se brise sur le crépis dans un bruit sec, il y jette un rapide coup d'oeil : l'heure indique 22h57. L'incompréhension se mêle à la peur, ses mains tremblent. Julie demeure immobile et impassible, la main sur le barreau. Gaspard est comme anesthésié, son corps est figé il ne peut presque plus bouger. Il hésite puis lentement, très lentement, encore plus lentement remonte son regard apeuré vers elle.
Un cri strident déchire la nuit de toute part, puis le hurlement s'achève dans un long râle et laisse la place chaude à un silence morbide.
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Il n'y a jamais de hasard gare Saint-Lazare.

10.08.2009

Joueuse

Je profite de la lenteur du mois d'août pour entamer une tentative d'épuisement d'un lieu parisien, d'un lieu pas si loin, d'un lieu pas si bien... Bref.
Afin de m'évader, je songe à ce superbe film Joueuse dans lequel je me suis plongée avec délice il y a peu. La petite salle de cinéma chaleureuse aux longs fauteuils de velours rouge était déjà une promesse accueillante et une belle entrée en matière. Les rares spectateurs s'installent et s'échangent les derniers regards.
Puis le silence, ensuite le noir. Les blancs commencent.
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Le pion
Souvenez-vous jadis, le pion était le mouton noir arbitre des cours de récré. Aujourd'hui rien n'a changé, le pion est la pièce la moins forte de l'échiquier et souvent vouée au sacrifice.
La tour
Pièce pouvant se déplacer horizontalement et verticalement (excepté celle de Pise).
Le cavalier
Le cavalier se déplace en L... d'où l'expression de l'opulente gourgandine un peu trop vite assiégée « dites-moi monsieur, cet empressement : ne serait-ce pas un peu cavalier ?! »
Le fou
Contrairement au cavalier, le fou ne peut pas sauter d'autres pièces et file tristement en diagonale.
Le roi
Il peut se déplacer où il veut mais d'une seule case à la fois, joli principe qui mérite réflexion...
La dame
Placée à côté du roi, la dame se déplace un peu comme elle le souhaite, avec parfois une souplesse étonnante. Je ne vais rien vous apprendre en vous disant qu'elle est la pièce la plus forte de l'échiquier...
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Dans ce film, on retrouve une Sandrine Bonnaire sensuelle et époustouflante de sincérité. Son jeu subtil se mêle au thème du film et la retenue dont elle fait preuve devrait en inspirer quelques unes...
Kevin Kline, un homme au jeu pesé, au cynisme intelligent et millimétré distille tout au long du film un charme certain qui, soudain, donne envie de reprendre quelques cours... Les personnages déstabilisent par leurs justesses, l'image est sublime. La musique envoûtante se déplace harmonieusement au-dessus de cet échiquier géant et vient sertir ce petit bijou cinématographique.
Est-ce que vous voyez à présent ce qu'il vous reste à faire ?
A vous de jouer.

09.08.2009

Reflex

En passant devant la divine vitrine du boulanger, faim.
Je prends la tangente adroite à côté d'un bosquet sec et je tente d'effacer très vite de ma mémoire la tentation des friandises tourbillonnantes. Nantes doit être jolie à l'heure qu'il est loin le temps de l'amer. Peu m'importe, je préfère la baie de Somme où jadis vous m'hypnotisiez de votre sommeil. Pour cette fois, je veux bien là fermer les yeux juste quelques minutes, le temps de me souvenir de tout. Cruelle gourmandise acidulée distillée, poison à retardement lent et violent que vous m'offriez comme le vent des thermes au terme du voyage, sachez que là encore je résiste pas à pas dans la neige et les froids.
En passant devant la glace, je garde la ligne que je m'étais fixée, ah mais risquée puérile en la demeure. Demeurez en moi après moi, jour après jours car vous le savez, la nuit grave... Face à la boulangerie de me voir si longue bâtarde en un mot pour un autre, l'autre interpelle mon reflet. C'est sans complexe, comme un vieux réflexe qu'il me faut parfois m'arrimer en ex. J'optai donc pour un bon vieux Reflex. Flexible comme la photographie d'une heure où le poids de senteurs interminables ramènent pile à la surface de mon esprit l'impatience ; sauvage fleur de lente heure...
Je crois me souvenir que vous sentiez diablement bon.
Posée, sage comme une image dès la première le son, manque plus que vous, Ducon.

podcast
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06.08.2009

C'était tant...

C'était en juillet, il ne s'est rien passé.
Il trouvait le temps long et avait le souffle court.
Sans maudire le silence, sans mot dire la séance.
Aveuglé de l'intérieur, dans l'espoir de ne plus les entendre.
Peu à peu, son chemin se traçait dans la pénombre de son état d'esprit. Il savait qu'il avait à oublier quand tant d'autres cherchaient à savoir...

C'était en juin, il se souvenait bien.
Compter lentement les pas sans jamais se dépasser.
Caresser les feuilles, déchirer les feuillets verts et grenats
S'endormir pour mieux se réveiller, c'était bien ça.
Il ne se doutait pas que le mois de mai était imparfait.

C'était en mai, mais nul jamais ne profitait des mets.
Faire ce qu'il lui plaît, il souriait devant sa plaie.
Déborder ses anomalies de construction, il prenait une effusion vers veines. Laisser infuser, boire encore l'amertume en attendant qu'elle s'allume. Renaissance des fleurs mauves comme chaque année.

C'était en avril, les prémices de la lumière tentaient une avancée.
Avancer vers lui sans détour, sans détourner l'ennui, la nuit.
Calculer sans problème, fractionner l'addition, se soustraire...
Avril roule comme au premier jour, la farce du poisson farci au poison.
Antidote incluse et introuvable perdue dans ses os troubles.

C'est en mars, rêveur en goguette sans troubler la fête.
Les planètes sont hostiles, il songe à une île songe à une il... songe.
Dans sa maison, la lune réfléchit à sa place au-dessus du miroir.
Refaire la ronde des comètes, refaire l'angle des tomettes couleur tomate. Arranger dans un tiroir la voie lactée avant qu'elle ne tourne...

C'était en juillet, il ne s'était rien passé.

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