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<title>Des pensées sans compter... - d_aimer_trop</title>
<description>blog de culture émotionnelle</description>
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<title>Saint-Lazare</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Corynne)</author>
<category>D'aimer trop</category>
<pubDate>Tue, 11 Aug 2009 22:16:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #d1050d;&quot;&gt;Il n'y a jamais de hasard gare Saint-Lazare...&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Cloué dans son lit en fer forgé, Gaspard soupire devant sa fenêtre. Le temps grisâtre laisse présager un sale été. Un fond de musique classique virevolte dans la pièce immense. La fièvre s'est emparée de lui, traîtresse, en plein mois de juillet. Les réjouissances âpres et médicamenteuses&amp;nbsp;vont enfin s'achever. Julie avait été très présente, quelquefois un peu trop. Elle ne venait jamais dans la journée. En revanche, elle apparaissait presque toutes les nuits à 1h20 du matin.&amp;nbsp;Très précise, elle venait partager avec lui son sommeil et bien plus en corps. Elle n'aimait que le noir, l'obscurité. Julie et sa fougue ; il faudra qu'il s'en occupe un jour. Gaspard gratte son oeil qui pique épuisé d'antibiotiques&amp;nbsp;et de l'autre&amp;nbsp;examine le second barreau du lit, en partant de la gauche : il rouille. Il faudra qu'il s'en occupe un jour. Juste un seul barreau est rouillé. Il sourit intérieurement en se souvenant&amp;nbsp;de la cause&amp;nbsp;de cette érosion localisée. En fait, l'histoire singulière est un peu grivoise&amp;nbsp;; lors d'une nuit particulièrement bien... Qui peut avoir le mauvais goût de s'éterniser sur sa sonnette à cette heure-ci&amp;nbsp;? Julie ? Non, ce n'est pas son genre et en plus il fait encore jour. A moins que... Non. Il s'approche intrigué de la porte d'entrée rouge usée, lorgne puis ouvre. Une petite enveloppe verte trône sur le paillasson. Avec précaution, il entame l'ouverture.&lt;br /&gt; Verdi aussi.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier;&quot;&gt;Gaspard, rendez-vous gare Saint-Lazare 23h, voie 16 côté départ&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;Tout d'abord amusé, il songe que son deuxième prénom Ernest aurait pu le mener gare de l'Est. Il file se recoucher et s'interroge. Gaspard sait pertinemment que sa curiosité ne va pas résister longtemps : il ira. Pourtant, il se sent encore un peu faible mais son goût du jeu prend le dessus et le dessus de lit glisse à terre. Il se hisse hors du plumard, l'oeil hagard Saint-Lazare bien entendu. Il faut voir le bon côté des choses se dit-il pragmatique, demeurant rue Boursault près des Batignolles même&amp;nbsp;sans bagnole, c'est à deux pas de la gare. Sur son poignet massif, sa vieille Casio F-91W digitale affiche 22h24. Cela ne lui laisse pas beaucoup de temps pour gamberger, parfait. Il adore arpenter la&amp;nbsp;rue de Rome sinueuse et si frileuse. En marchant, Gaspard laisse derrière lui&amp;nbsp;quelques effluves d'Habit Rouge. Il s'est parfumé vite fait, on ne sait jamais si l'énigme est bien faite... A présent, l'imposante gare se dresse fièrement devant lui et l'attire de ses bras tentaculaires. Gare Saint-Lazare. Voie 16. Un regard furtif sur sa Casio, vérification 22h57. Soudain, un homme&amp;nbsp;immense et maigre à l'allure improbable longe le couloir deserté et se dirige vers lui d'un pas rapide et décidé. Il s'arrête net à quelques centimètres de Gaspard et lui tend nerveusement un papier vert. D'une voix métallique, il&amp;nbsp;lui dit &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Trop&lt;/em&gt; &lt;em&gt;de monde ce soir dans les couloirs de la gare Saint-Lazare,&amp;nbsp;Gaspard...&quot;.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; Puis, il disparaît dans un&amp;nbsp;rire aux éclats de noisettes caramélisées enrobé de mystère vanillé. La faim le tenaille et&amp;nbsp;son ventre&amp;nbsp;grogne. Les rimes le font moins marrer du coup.&amp;nbsp;Il&amp;nbsp;décide d'attendre&amp;nbsp;encore&amp;nbsp;un peu voir si autre chose se passe. Rien. Agacé,&amp;nbsp;finalement il rentre chez lui. Une fois devant sa porte, une drôle d'impression enveloppe tout son être convalescent d'une angoisse naissante. Il pousse lentement la porte, tout est noir. L'obscurité fausse le volume de la pièce, il est perdu et&amp;nbsp;tâtonne un long moment&amp;nbsp;avant d'atteindre son lit. Soudain, il distingue une silhouette qui s'avance et la vision rassurante de Julie éclaire&amp;nbsp;peu à peu&amp;nbsp;la pièce. Il se réveille dans un sursaut. Drôle de rêve, pense t-il encore étourdi de son imaginaire absurde.&lt;br /&gt; Julie, le regard bienveillant, s'approche près du lit en fer forgé, se pose sur le rebord et frôle du bout des doigts le seul barreau rouillé...&lt;br /&gt; Elle s'excuse et lui glisse dans un&amp;nbsp;murmure &quot;&lt;em&gt;il est 1h33, navrée je suis en retard mais tu sais...&quot;&lt;/em&gt; Brusquement, elle s'arrête, détourne le regard puis reprend d'une voix métallique...&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;...Trop&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;color: #333399;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;de monde ce soir dans les couloirs de la gare Saint-Lazare, Gaspard...&quot;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;Soudain, dans un souffle puissant Gaspard&amp;nbsp;se retrouve&amp;nbsp;plaqué&amp;nbsp;au mur de la chambre. Sa montre se brise sur le crépis dans un bruit sec, il y jette un rapide coup d'oeil : l'heure indique 22h57. L'incompréhension se mêle à la peur, ses mains tremblent. Julie demeure immobile et impassible, la main sur le barreau. Gaspard est comme anesthésié, son corps est figé il ne peut presque plus bouger. Il hésite puis lentement, très lentement, encore plus lentement remonte son regard apeuré vers elle.&lt;br /&gt; Un cri strident déchire la nuit de toute part, puis&amp;nbsp;le hurlement s'achève dans un long râle et laisse la place chaude&amp;nbsp;à un silence morbide.&lt;span style=&quot;color: #333399;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://despenseessanscompter.hautetfort.com/media/00/00/1879349596.jpg&quot; alt=&quot;casio.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1920857&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #333399;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #d1050d;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il n'y a jamais de hasard gare Saint-Lazare.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Correspondances</title>
<link>http://despenseessanscompter.hautetfort.com/archive/2009/05/04/correspondances.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Corynne)</author>
<category>D'aimer trop</category>
<pubDate>Mon, 04 May 2009 20:20:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Madeleine&lt;/span&gt;,&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je vous écris de &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Rome&lt;/span&gt;. Mon voyage dans les &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Pyrénées&lt;/span&gt;, en passant par l'&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Argentine&lt;/span&gt; puis les &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Pyramides&lt;/span&gt;, me semble trop long, trop loin. Je ne comprends pas votre silence. Votre &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Télégraphe&lt;/span&gt; est en panne&amp;nbsp;? Pourquoi diantre jouez-vous à &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;La Muette&lt;/span&gt; dans cette &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Belleville &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;Votre âme &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Glacière&lt;/span&gt; fait de vous une vraie &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Fille du calvaire&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Mais sachez que tout cela est le &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Cadet&lt;/span&gt; de mes soucis.&lt;br /&gt; La &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Bonne Nouvelle&lt;/span&gt; c'est que je vous rêve ; ondulante sur les &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Grands Boulevards&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Je rêve de vous prendre dans le &lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Dupleix&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de votre &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Maison Blanche&lt;/span&gt; devant votre &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Porte Dorée&lt;/span&gt; et aussi dans mon &lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Château Rouge&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, avec autant de fougue que jadis la &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Bastille&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt; c'est dire... Sur le &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Sentier&lt;/span&gt; le long du &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Chemin Vert,&lt;/span&gt; seul mon &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Sacré Cœur&lt;/span&gt; palpite dans ma belle &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bagnolet&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Saint-Jacques&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Saint&lt;strong&gt;-&lt;/strong&gt;Michel, Saint-Lazare&lt;/span&gt; et &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Saint-Paul&lt;/span&gt;, de tous ceux-là ce sont les vôtres que je préfère, ah votre peau &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Blanche&lt;/span&gt;... La &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Laumière&lt;/span&gt; de vos yeux verts, votre &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Bel-Air&lt;/span&gt; et vos belles &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Gambetta&lt;/span&gt; me laissent pantois. &lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Passy&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; bête, dans ma mémoire, je longe de mon regard votre &lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Corvisart&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; lorsque votre jolie taille &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Porte Maillot&lt;/span&gt; ou pas. Bille en tête et &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Billancourt&lt;/span&gt;, je ne pense plus qu'à vous, &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Montgallet&lt;/span&gt; de l'océan.&lt;br /&gt; Votre bouche, ma pelle et &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Monceau&lt;/span&gt;, que de souvenirs délicieux...&lt;br /&gt; Délicieux comme les &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Tuileries&lt;/span&gt; que nous dégustions ensemble, rappelez-vous des sucreries&amp;nbsp;de &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Rennes&lt;/span&gt; ; l'&lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Opéra&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;les Sablons&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;...&lt;br /&gt; Alors voilà, au nom de la &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Nation&lt;/span&gt; et de la &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;République &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;j'&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Abesses&lt;/span&gt; à &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;La Fourche&lt;/span&gt; de vos jolis doigts de pieds, du &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Jasmin&lt;/span&gt; par &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Couronnes&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Sans vous je déraille, ma &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Picpus&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Je me fous de la &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Convention&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Remettez-moi encore l'âme à l'&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Anvers&lt;/span&gt; dans votre &lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Temple&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Liberté&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Je vous transporte des baisers de &lt;span style=&quot;color: #666699;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Gaîté&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; et vous &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Porte des Lilas&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Votre &lt;span style=&quot;color: #008080;&quot;&gt;Marcel Sembat&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Quatre septembre</title>
<link>http://despenseessanscompter.hautetfort.com/archive/2008/11/29/quatre-septembre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Corynne)</author>
<category>D'aimer trop</category>
<pubDate>Sat, 29 Nov 2008 22:30:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Elle arpentait les rues depuis &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;deux&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; heures, peut-être même un peu plus. Les yeux en l’air, les pieds sur terre,&amp;nbsp;tempes&amp;nbsp;trempées et sourire en coin. C’était pratique de pleurer sous la pluie, on y voyait que du feu. Paris était &lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;&lt;b&gt;une&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; source inépuisable de merveilles, &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;un&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; trésor. Perdue rue des &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;trois&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; bornes et dans ses pensées, elle revient en arrière... Souvenirs, rires, doutes, &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;cinq&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; gouttes de pluie sur son bonnet &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;neuf&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; et son manteau noir en laine et cashmere. L’excellence dans les matières mais pas toutes, au vu de ses bulletins scolaires, sauf en rédaction, récitation, je &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;deux&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; maux, musique, gym, animation de la salle de classe et copiage des devoirs de maths, en &lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;&lt;strong&gt;vain&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;. Sécher les cours et organiser des boums, des &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;trente-trois&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; tours, &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;cette&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; ceinture jaune fluo et Imaginécheune, &lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;&lt;b&gt;un&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; vieux tann’s et un sac US mais plus tard. Elle se marre. Le &lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;&lt;b&gt;premier&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; patin devant la patinoire, avec à la main ses &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;deux&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; patins. Aujourd’hui, elle met des gants... Froid, l’hiver. Elle tourne rue des filles du calvaire et repose en l’air son imaginaire... Angleterre au pair, la magie opère, éphémère... Et puis la musique. Délicieux&amp;nbsp;passage obligé, ponctuation oblique, famille musicienne oblige, perpétuelle drogue dure, forte et ultime dépendance, voix &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;sans&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; issue sauf parfois, douce errance, rêve errance, danse, révérence. Un joli banc vert l’attire et l’atterre. Le temps file. Elle se pose, pause.&lt;br /&gt; ............................................................................................ Elle se souvient d’images, de villes et de visages, la Baule, Etretat, Ste Maxime, Rennes, Monte-Carlo, Strasbourg, Worthing, &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;Troyes&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;, Port-Louis, Mahé, Amsterdam, Souffelweyersheim, Boulogne-sur-mer, Toulouse, Londres, Trouville et des gaufres, Porto, St-Jean-de-Luz, &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;Six&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;-Fours-les-plages, Le Faou, Jaén, Quend-plage, Paris est sublime ce matin. Elle sourit au passant élancé&amp;nbsp;; un élégant géant avec son petit chien blanc. Elle voit son reflet et se regarde un instant entre &lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;&lt;strong&gt;quatre&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; yeux. Toutes ces années de gens croisés, les rares sont restés. Des collègues, des copains, des copines, des amis d’hier, de maintenant et ceux qui arrivent doucement, pas à pas croisent le regard de ceux qui ne restent pas... Des qui sont partis trot tôt, là-haut. Elle lève les yeux&amp;nbsp;vers le&amp;nbsp;ciel et lance&amp;nbsp;des&amp;nbsp;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;milliers&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; de baisers-fusées qui vont bien arriver un de ces &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;quatre&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. Des ivresses &lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;&lt;b&gt;deux&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; promesses, quelques caresses, quelques faiblesses, la presse en vitesse et la paresse. Non pas la messe&amp;nbsp;; elle progresse en sagesse. Des belles personnes et&amp;nbsp;des sales cons, des mots, des lettres et&amp;nbsp;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;des chiffres&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;, des portes qui claquent, des peaux qui manquent, des murmures, des &lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;&lt;b&gt;huit&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; clos, des mon amour mon amour, toujours, dors bien, sourire, soupir, encore, &lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;&lt;b&gt;deux&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; noms sur la boîte aux lettres, adieu. Au revoir mademoiselle, bonjour madame. Tiens, cigarette ?&amp;nbsp;oui enfin non, quoique. Monsieur, reste...&lt;br /&gt; Un café&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; Non, un métro.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;Quatre&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; septembre.&lt;br /&gt; Elle s’engouffre dans les escaliers &lt;b&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;sans&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; se retourner.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Quelques&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; mso-bidi-font-size: 12.0pt;&quot;&gt;gouttes retardataires roulent et trinquent enfin.&lt;br /&gt; Cool, c’est la vie qui s’écoule entre ses deux mains.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #e21d58;&quot;&gt;Quarante&lt;/span&gt; ans, demain.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://despenseessanscompter.hautetfort.com/media/01/02/953077806.jpg&quot; alt=&quot;patchwork40.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1424697&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Montparnasse Bienvenüe</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Corynne)</author>
<category>D'aimer trop</category>
<pubDate>Mon, 12 Nov 2007 15:40:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;Il avait une petite mallette en cuir moche.&lt;br /&gt; Cet homme était gris de haut en bas.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il avait l'air pressé.&lt;br /&gt; Depuis mon strapontin côté porte, je le voyais dévaler l'escalier afin de ne surtout pas rater CE métro.&lt;br /&gt; Ca avait l'air important.&lt;br /&gt; Indispensable.&lt;br /&gt; Vital.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Sa course faisait remonter son pantalon tergalesque à vomir et dévoilait d'affreuses chaussettes bordeaux.&lt;br /&gt; Il avait dû en boire également au déjeuner.&lt;br /&gt; En effet, une immense auréole façon médaillon trônait sur sa chemise bleue connard gonflée par sa grasse bedaine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et je te vois, tâche.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Attention : fermeture des portes.&lt;br /&gt; L'angoisse se lisait dans ses yeux affolés.&lt;br /&gt; Son regard bovin fixait la poignée en métal.&lt;br /&gt; Ouf, de justesse, avant que la porte ne se referme.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voilà, pose toi maintenant.&lt;br /&gt; Sur le strapontin en face oui.&lt;br /&gt; En bousculant la femme indienne à côté.&lt;br /&gt; Pas vu, ben non.&lt;br /&gt; Malgré des lunettes d'un autre siècle.&lt;br /&gt; Pas vu.&lt;br /&gt; Pas d'excuses non plus.&lt;br /&gt; Non plus.&lt;br /&gt; Un regard ?&lt;br /&gt; Non plus.&lt;br /&gt; Jamais.&lt;br /&gt; Personne.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et je te regarde, lâche.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Etriqué - en un mot - pauvre homme.&lt;br /&gt; Comme ton costume étroit.&lt;br /&gt; Comme ton esprit.&lt;br /&gt; Comme ta vie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il avait une mallette en cuir moche.&lt;br /&gt; Cet homme était gris de bas en haut.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://despenseessanscompter.hautetfort.com/media/01/02/debadac76818611a45beb33297809532.jpg&quot; alt=&quot;9803f6623bffde817f55bac8ac0c85ec.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-659670&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>ALESIA</title>
<link>http://despenseessanscompter.hautetfort.com/archive/2007/09/17/alesia.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Corynne)</author>
<category>D'aimer trop</category>
<pubDate>Mon, 17 Sep 2007 11:10:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Des cheveux en vrac, ses yeux tendres.&lt;br /&gt; Pantalon vieux violet vif velours, converse rouges.&lt;br /&gt; Ses doigts fins maladroits tapotaient sur son portable.&lt;br /&gt; Que pouvait-elle lui dire...&lt;br /&gt; Un sac plastique plein entre ses chevilles pâles et fines.&lt;br /&gt; Une pomme verte tentait l'évasion parfaite.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Elle levait le bras pour atteindre le réseau et capter.&lt;br /&gt; Lui ne captait rien.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ------------------------------------------- &lt;strong&gt;MESSAGE ENVOYE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Portable jeté au fond du sac cuir marron foncé, usé.&lt;br /&gt; Dans un soupir, sa lassitude expire, voilà.&lt;br /&gt; Dans son regard, la voie sombre et sale défile.&lt;br /&gt; Son&amp;nbsp;esprit efface lentement&amp;nbsp;les images de l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sourires dévoilés-main hésitante-sa nuque émouvante-sa dégaine touchante-son lit petit-ses jours bonjour-les soirs&amp;nbsp;du noir-des mois d'émois, des mois...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis : QUESTIONS&lt;br /&gt; Et puis : EXPLICATIONS&lt;br /&gt; Et puis : REFLEXIONS&lt;br /&gt; Et puis : TRAHISONS&lt;br /&gt; Et puis : DECISION&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La pomme verte n'avait pas pu s'évader.&lt;br /&gt; En revanche, elle venait de le faire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - ALESIA -&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://despenseessanscompter.hautetfort.com/media/00/02/81dd8d903d1574ee9580b25d91a31caf.jpg&quot; alt=&quot;d1b1556c14056afb56612c614b7b7556.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-551623&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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