25.11.2009
Les éclats de novembre
Arrivé d'un ciel délavé, le vent effronté, sec et nerveux pénètre insidieusement la pièce carrée. L'extrémité des branches, presque sans feuilles, fouette en rythme les fenêtres qui, dans un bruit sourd, sifflent leur douleur.
Eclat.
L'air froid et dissipé tourbillonne dans la chambre, réveille mon cou tiède du matin. Les effluves de mon café trop chaud embrouille encore mes yeux mi clos.
Du fond de la pièce entre la danse du vent. C'est l'automne, Nova fredonne.
Eclat.
Quelques pensées sans compter virevoltent et ricochent contre les murs de ma pudeur. La musique en contraste, en contact, en contrat...
Soudain, les murmures assourdissants d'une lascive attaque enveloppe mon être. Massive Attack réplique au zénith.
Eclat.
Et puis, un soir, le bruit accablant d'un profond silence et le souvenir transparent d'un frôlement, puis deux. Obscurité. La sensation douce et précise d'un virage serré clignotant à l'approche, à l'approche, à l'approche, à l'approche...
Eclat.
Je croise les doigts et je ferme les yeux. Des croisements pudiques ; des jambes, des sourires, des bras, des voix. La peau. Des senteurs inconnues et étrangement déjà familières, parsemées ça et là, imprègnent mon esprit et distillent lentement l'ivresse...
La terre, la cendre. Novembre.
Eclat.

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14.10.2009
Coulure et peinture
Chères télécandidatureS,
Sachez que je ne peux plus vous voir en peinture !
Il faut que j'admire plus haut et que je respire du beau ; ça soulageS.
(Photo bientôt)
20:16 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, écriture, peinture, soulages, pompidou, paris, photos, télécandidature, coulure
29.09.2009
Injure sans toi...
Muet, ton Blackberry dernier cri ne quitte pas ta ceinture. Dans ton sourire de fracture, tu songes à tes capitaux futurs. Eructant tes mots brouillés par la friture, le doigt érigé vers l'azur, tes promesses de traître manquent cruellement d'allure. Même avec mauvaise mine, tu fais toujours bonne figure ; le nez dans les mixtures des soirées de luxure avec mauvais goût et vraie fourrure. Inventif, tu vas nous montrer de quel bois tu te chauffes, mais de ce chêne somptueux tu n'es que sa pauvre lasure. Tes folles aventures bafouillées de fissures, une existence obscure et inventée que tu projettes sur les murs, alors que le dimanche, comme un branque, tu briques ta belle voiture. Tu milites comme tu peux dans un vague parti en vogue en te prenant pour un influent, c'est sûr ; un dur doté d'une vraie posture. Hypnotiques logorrhées épistolaires dans lesquelles tu te perds à rassembler du vide pour éviter de vivre. Jouer au paon de grande envergure, petit oisillon de mauvais augure, négligeant l'autre bien sûr en lui crachant à la figure et en détournant le regard dans une éclaboussure. Nabot, ton habit est comme il se doit ; sur mesure. Tu étouffes étriqué dans la doublure indomptable de ton costard basse couture. Ton destin de raclure t'échappe aveuglé par de multiples et brillantes fioritures. Ta bouche n'est que morsure, ton regard du cyanure et ton âme ; une moisissure. Tu prônes la liberté, promoteur de l'ouverture mais hélas ce n'est pas encore la bonne conjoncture. Tes lapsus camouflent grossièrement tes grasses nourritures. Ta vie n'est que salissures, tes amours de pâles blessures. Ton reflet que tu imagines grande peinture n'est en fait que petite devanture. Ton corps toujours planqué dans une armure, tes sentiments froids au chaud derrière tes interminables clôtures.
Malgré tout, il arrive parfois que mon esprit se souvienne de toi, qui lui ressemble un peu je te jure, et lentement ma pensée se retourne sur ton sourire de torture... de tes commissures dans la nature, de la douceur de ton murmure, de ton odeur impure ou au contraire de fraîche confiture et puis de ton image qui, malgré moi, perdure...
Mais je sais qu'on ne badine pas avec les murs.
Injure sans toi est injure perdue.

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20.09.2009
Quelques mots
Jamais un mot plus haut que l'autre
Au bas mot, c'est faux.
Qui ne dit mot consent
Qui ne dit cent mots cons n'est pas digne de raison.
Mon petit mot
Minuscule
A mots couverts
A couteaux tirés et pas très bien dans son assiette, il restaure la table bien mise, caché derrière un verre fumé pour chasser les regrets nappés à carreaux dans son esprit en toile cirée, c'est louche...
Prenez-en de la graine, Guy.
Ne pas mâcher ses mots
Articule !
Sans mots dire
...
Avoir le dernier mot
A voir le dernier mot, je vous le laisse avec plaisir.
13:12 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, écriture, mots, pudeur, paris
03.09.2009
Cons & Conjonctions
A comme Abruti & Amoureux
B comme Brindille & Boulimique
D comme Dérisoire & Déontologie
F comme Fantaisie & Fascisme
G comme mon point sur ton i
I comme Idiote & Idiote
J comme Judas & Jésus
K comme Kubrick & Koh Lanta
M comme Mika & Musique
T comme Tartuffe & Télévision
U comme Unis & Utopie
V comme Vendredi & Viande
Y comme Yourte & Yacht
Z comme Zigoteau & Zorro.
A vous...
17:15 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, paris, écriture, jeux, conjonctions, &, cons
01.09.2009
Et pluie puis rien
Le vent chaud fixe les feuilles étoilées des platanes desséchés. Le piéton taille haute taille la route, tête basse, et rampe au ralenti. Les voitures aussi. Le vélo plaque le fondant bitume et avec le cycliste moite ça colle bien. La rue transpire son été. Le macadam porte bien son nom et s'évente outrageusement des jupes légères des dames bien vêtues. Les glaces impudiques en cornet expirent sur les poignets malhabiles des enfants gourmands. Le cake fait la tronche. Les parfums capiteux capitule dans la capitale et même jusqu'à la place du capitole. La fraise se meurt, vive la fraise. Sous le cagnard, le canard découvre l'extase à une lettre près. Le connard en revanche, fidèle à lui-même, prend tout au pied de la lettre. Les doigts de pieds vernis dansent libres dans les sandales bridées. La terre entière se ride de douleur, assoiffée. Le paysage éblouissant frime de sa superbe clarté devant des millions de lunettes de soleil intimidées et qui observent en douce. La moiteur des cœurs favorise le rapprochement des corps. Les murs travaillent sans faille et Pierre sue à grosses gouttes...
Goutte, goutte, goutte, Gouttes, GOUTTES, GOUTTES et pluie... plus rien.

(photo à suivre, le temps d'aller sous la flotte et de revenir...)
12:35 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, été, canicule, chaleur, moiteur, cagnard, flotte, pluie, trombes
09.08.2009
Reflex
En passant devant la divine vitrine du boulanger, faim.
Je prends la tangente adroite à côté d'un bosquet sec et je tente d'effacer très vite de ma mémoire la tentation des friandises tourbillonnantes. Nantes doit être jolie à l'heure qu'il est loin le temps de l'amer. Peu m'importe, je préfère la baie de Somme où jadis vous m'hypnotisiez de votre sommeil. Pour cette fois, je veux bien là fermer les yeux juste quelques minutes, le temps de me souvenir de tout. Cruelle gourmandise acidulée distillée, poison à retardement lent et violent que vous m'offriez comme le vent des thermes au terme du voyage, sachez que là encore je résiste pas à pas dans la neige et les froids.
En passant devant la glace, je garde la ligne que je m'étais fixée, ah mais risquée puérile en la demeure. Demeurez en moi après moi, jour après jours car vous le savez, la nuit grave... Face à la boulangerie de me voir si longue bâtarde en un mot pour un autre, l'autre interpelle mon reflet. C'est sans complexe, comme un vieux réflexe qu'il me faut parfois m'arrimer en ex. J'optai donc pour un bon vieux Reflex. Flexible comme la photographie d'une heure où le poids de senteurs interminables ramènent pile à la surface de mon esprit l'impatience ; sauvage fleur de lente heure...
Je crois me souvenir que vous sentiez diablement bon.
Posée, sage comme une image dès la première le son, manque plus que vous, Ducon.


22:05 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, photo, paris, thermes, boulangerie, mémoire élective, peaux, vous...
06.08.2009
C'était tant...
C'était en juillet, il ne s'est rien passé.
Il trouvait le temps long et avait le souffle court.
Sans maudire le silence, sans mot dire la séance.
Aveuglé de l'intérieur, dans l'espoir de ne plus les entendre.
Peu à peu, son chemin se traçait dans la pénombre de son état d'esprit. Il savait qu'il avait à oublier quand tant d'autres cherchaient à savoir...
C'était en juin, il se souvenait bien.
Compter lentement les pas sans jamais se dépasser.
Caresser les feuilles, déchirer les feuillets verts et grenats
S'endormir pour mieux se réveiller, c'était bien ça.
Il ne se doutait pas que le mois de mai était imparfait.
C'était en mai, mais nul jamais ne profitait des mets.
Faire ce qu'il lui plaît, il souriait devant sa plaie.
Déborder ses anomalies de construction, il prenait une effusion vers veines. Laisser infuser, boire encore l'amertume en attendant qu'elle s'allume. Renaissance des fleurs mauves comme chaque année.
C'était en avril, les prémices de la lumière tentaient une avancée.
Avancer vers lui sans détour, sans détourner l'ennui, la nuit.
Calculer sans problème, fractionner l'addition, se soustraire...
Avril roule comme au premier jour, la farce du poisson farci au poison.
Antidote incluse et introuvable perdue dans ses os troubles.
C'est en mars, rêveur en goguette sans troubler la fête.
Les planètes sont hostiles, il songe à une île songe à une il... songe.
Dans sa maison, la lune réfléchit à sa place au-dessus du miroir.
Refaire la ronde des comètes, refaire l'angle des tomettes couleur tomate. Arranger dans un tiroir la voie lactée avant qu'elle ne tourne...
C'était en juillet, il ne s'était rien passé.
15:10 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, mots, ephémeride, écriture, paris, humeur
21.07.2009
Ecrire et...
Parfois, il était très difficile d'écrire.
Les mots effrontés et hors de portée dansaient sournoisement devant ses yeux implorants mais ne posaient pas la moindre lettre vers lui.
Alors, dans un effort surhumain et inenvisageable pour son impatience légendaire, malgré tout : il attendait.
Il attendait.
Il attendait.
Il attendait...
Il attendait encore.
Oh l'envie était là ; toujours ponctuelle, presque autant que le besoin furieux et viscéral d'écrire. Malgré sa fenêtre ouverte, le vent se faisait immobile et silencieux comme complice des mots effrontés.
Une alliance diabolique, un complot, une vengeance, une malédiction ?
Il attendait.
Il attendait, il attendait...
La pression lourde et étouffante de l'été dans la ville rendait la tâche plus délicate encore. Et puis sans prévenir un soir, dans un immense grondement émergeant des tréfonds inquiétants d'une terre aride et desséchée, d'un coup d'un seul, le ciel se déchirait d'un éclair aveuglant et fracassant.
Soudain, la veine éclatante, d'un blanc optique dans la nuit noire, venait cracher violemment de sa pointe électrisée quelques mots sur sa vieille feuille blanche cornée par le temps, tâchée par le café et gondolée par la pluie.
Enfin, il allait enfin pouvoir écrire et...
Parfois, il était très difficile d'écrire.
23:10 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, écrire, écriture, éclair, impatience, orage, paris, été
07.07.2009
Une histoire deux photos
J'avais déjà évoqué ici cet exercice, lancé par Télérama, autour de deux photos de Robert Franck tirées du livre « Les Américains » et suite à sa belle exposition en mars dernier au Musée du Jeu de Paume à Paris. La règle du jeu : inventer une histoire en partant de la première photo et en arrivant à la seconde.
Le point de départ : 
Le point d'arrivée : 
Après quelques longs mois de suspens, maintenant que le palmarès est tombé et que je n'y suis pas, affaiblie je récupère ma petite histoire en vous la soumettant. Je rassemble péniblement mes forces et dans un dernier élan, une ultime révérence tête basse et nuque dégagée ; me voilà prête à lire avec dévotion et acceptation, sans mot dire, vos sentences. Je sens déjà, avec frayeur, le couperet final de vos critiques acerbes frôler ma plume tremblante...
(Bien entendu que je déconne). Dont acte.
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J'essaie d'être honnête mais parfois c'est tellement triste que je mens. Je m'en fous. Ma vie est aussi brumeuse que ce quai. Les affiches abîmées se décollent sous le vent. Soulevant dans un dernier souffle imprudent toutes mes douleurs et mettant à vif les emmerdes soigneusement enterrés depuis si longtemps. Le gris de l'air me prend le mien, me prend la main. J'agonise de cette existence fade, morne, noire et blanche comme un dimanche. Mon vieil imper en a vu d'autres. Je ne peux me retourner sur mon passé, il n'existe plus. Sauf peut-être ce samedi où elle posa sa bouche juste là. Paris, 1949. Les murs du caveau de la Huchette, où je venais parfois me perdre, suintaient le désir de vivre et le jazz prenait sa place, royale. Claude Bolling y faisait le début des beaux soirs. Le swing résonnait sur les briques biscornues. Les fourreaux lamés et indécents des choristes pulpeuses brillaient dans mes yeux. Puis elle entra. Un instant magique et coloré comme une parenthèse vive dans ma vie trop lente. La chevelure flamboyante de cette fille me faisait penser aux pin-up langoureuses qui trônaient sur des revues pas très catholiques planquées chez moi. Les jambes ciselées, croisées sur ses bas-couture, elle souriait de tout son corps irrésistible et imparfait en battant la mesure de son escarpin gracieux sans un mot, sans manière et sans se soucier des autres...
Elle avait l'élégance espiègle et l'enthousiasme gourmand. Je sentis comme une vague promesse lorsque ses yeux arrivèrent jusqu'au bar puis enfin, jusqu'à moi. Nous avons beaucoup parlé, trop sans doute. Françoise aimait le jazz et les Américains. Elle devait bientôt retrouver des amis sur ce continent lointain pour quelques mois, peut-être plus. Ca tombait mal. J'imaginais bien qu'avec des yeux pareils, les Américains allaient lui faire un gringue d'enfer. En fin de soirée, après quelques rares silences et quelques drinks, elle posa enfin ses lèvres framboise... sur le creux de mon poignet. Sa bouche déborda sur le revers de mon imper, elle s'excusa faussement dans un clin d'œil et fila danser dans un éclat de rire. L'alcool que j'avais ingurgité accentuait encore la vision floue et obsédante de ses doigts jouant de son foulard gris à son cou, que j'avais deviné parfumé d'effronterie. J'étais surtout ivre d'elle. Le lendemain matin, dans la brume matinale au parfum froid de gitanes sans filtre, agrippé au bar je repris mes esprits et mon imper tombé plus bas que terre, lui aussi. Un mal de chien à me relever. Dans la poche de mon imper, je trouvais une photo cornée d'une femme noire assise sur une chaise en vaste campagne, un corsage blanc, un sourire aux lèvres et la main sur la hanche, fière. Un modèle. La classe américaine. Au dos de la photo, un mot d'elle « Je suis certaine qu'un jour les Américaines vous feront du gringue... Françoise » Rien de plus. J'étais bouleversé. La choriste rangea ses partitions, s'approcha de moi puis posa doucement sa longue main vernie sur mon épaule et me dit avec un pur accent amerloque de ne pas m'en faire et que l'alcool n'était pas de bons conseils au matin. Tristement grisé, je repris mon errance dans ce quartier gris. Gris comme le paysage qui m'entoure depuis sa disparition brutale. Volatilisé le bel oiseau joli, sans un mot, sans manière et sans se soucier des...
12:04 Publié dans Jeux de mots | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, écriture, paris, jeu de paume, robert franck, photo


